Entouré de Tanor et Niasse, le « jeune » libéral président n’aurait pas dû proférer les mêmes phrases méprisantes à l’endroit de notre jeunesse, que Diouf, qui signa son décret de déchéance

Il y a 31 ans, un certain février 1988, le président-sortant-candidat à sa propre succession, croise sur son périple électoral (Thiès du lion du caporal Boubacar Sall), une jeunesse en colère contre sa politique, une gouvernance décadente. Agacé et sans réponse, le président-candidat perd et les pédales et un flegme tout à fait usurpé que ses affidés lui avaient collés comme un signe distinctif. Il insulte copieusement la jeunesse en la qualifiant de « jeunesse malsaine » à la place de Thiès ou celle-ci l’attendaient, il est vrai, avec plus de cailloux que de révérence.

Son éternel challenger de l’époque,  un certain « Maître », Wade de son nom, va surfer sur cette méga bourde  « dioufienne » inattendue. Et c’est très précisément, après cette insulte très peu présidentielle et pas du tout apathique, que débute la descente aux enfers du « candidat » Diouf. Et le vieil avocat-politicien, le « ndiombor » de Senghor, va trouver une monture infatigable qui le conduira jusqu’à la victoire de 2000.

« Jeunesse malsaine levez la main ! » « Que ceux qui n’ont pas de travail lèvent la main !».  L’opposant Wade surfe sur les conneries d’un régime finissant qui va de gaffes en gaffes. Une jeunesse « malsaine » conduite par entre autres dirigeants, un certain… Talla Sylla. Leader charismatique du mouvement étudiant, figure incontournable de la bouillante jeunesse de Thiès. Je me demande 31 ans après, qu’est-ce qu’il pense de la sortie « dioufienne » de son nouvel allié de « président-candidat-Macky », tout aussi parano que son prédécesseur d’il y a 31 ans. C’est vrai, il est entouré de ceux qui furent la garde rapprochée de Diouf : les transhumants historiques qui l’encerclent d’une ceinture de feu. Niasse, Tanor, feu Djibouti, Robert Sagna, et autres reliques de la galaxie éclatée du socialisme disparue.

J’ai toujours pensé qu’être jeune n’était pas un gage d’intelligence, ni une qualité intrinsèque, mais juste une frontière générationnelle. Étant entendu que personne n’est responsable de sa date de naissance. L’âge, c’est juste un repère historique de notre historicité sur cette terre.

Entouré de Tanor et de Niasse, (entre autres reliques socialistes) le « jeune » libéral président, n’aurait pas dû faire les mêmes erreurs linguistiques, proférer les mêmes phrases méprisantes à l’endroit de notre jeunesse, que Diouf, qui signa son décret de déchéance ce jour-là.

Mêmes fautes, mêmes punition ? Même mépris, même punition. A force d’écouter les reliques politiques qui l’entourent, le « jeune-président-libéral » commet les mêmes fautes que les « Hans been « qui le pouponnent, qu’on pourrait qualifier de « dégénérescence accélérée de la qualité de discernement ». Tant pis si ça ne figure pas dans le répertoire médical des diagnostics.

Ainsi donc, 31 ans après, nous aurions toujours une jeunesse « malsaine » qui gangrène notre société, « insulte nos présidents », les traitent de « saay saay » ; leur demande de déférer devant la Justice les voleurs et pilleurs identifiés qu’il protège de ses puissants coudes. Puissants aujourd’hui en tout cas.

Elle serait « malsaine » cette jeunesse parce qu’elle demande des comptes à ses dirigeants ; parce qu’elle s’interroge et rappelle les promesses d’hier ; parce qu’elle dit n’avoir pas vu les 500 milles emplois promis en 2012 ; que le Parti est toujours plus important que la Patrie ; que les parents, amis et autres coquins voleurs, sont toujours plus considérés et protégés que les sans-culottes qui escamotent poulets et pain de mie. Ceux-là seraient donc « malsains » ? Et les voleurs de 94 milliards, les DG indélicats d’un certain COUD (sous le coude), les autres PUDC, tous ceux-là seraient des saints intouchables… à la droite d’un Dieu sans parole. Pour qui la parole est tout juste un puissant anesthésiant électoral, destiné à des gogos insignifiants.

C’est celui-là, juste celui-là, qui revient nous demander en 2019, d’oublier 2012 et ses mensonges d’alors et de faire état d’une amnésie totale de sept si longues années de tromperies et autres « wax waxeteries ». Alors oui, si nous sommes ce qu’il pense que nous sommes, des tarés primaires, oui, acceptons toutes les forfaitures qu’il sécrète, pour que son vœu d’un deuxième mandat advienne.

A ce niveau de mes digressions, pour celles et ceux qui ont raté la sortie de l’inégalable Kader Boye ces jours-ci, je vous en offre un extrait, qui est de circonstance, dans ces moments où tout le monde a la trouille des prochaines semaines et prochains jours.  Il dit : « l’Etat de Droit, n’est pas le droit de l’Etat que les citoyens sont tenus de respecter. C’est encore et surtout la soumission de la puissance publique de l’Etat au Droit. Une soumission aux règles constitutionnelles et surtout aux règles et principes issus du droit international conventionnel et général auquel adhère cet Etat. C’est une obligation à laquelle ne peut déroger aucun pouvoir constitué, président de la République, gouvernement, et encore moins la Justice ». Il conclut : « il faut réorganiser notre démocratie ».

Il est des juristes, intègres et qui ne changent pas au gré des régimes. Pour devenir des « tailleurs constitutionnels ». Il y a 30 ans, le Professeur Kader Boye
éclairait l’opinion nationale sur la fin inéluctable de l’ère socialiste, la nécessite et l’irrévocabilité des mutations en cours. Il sévissait  dans un journal qui était alors l’une des divisions avancées du combat démocratique : Sud hebdo, puis Quotidien.

Comme si le temps n’avait aucune prise sur sa face ronde avenante et surtout, la pertinence et la clarté de ses idées, Kader Boye est toujours un missile lancé à la gueule des apprentis « pouvoiristes ». Qui ne savent qu’hurler sur les tons guerriers : « force restera à la loi ». La loi sur laquelle ils sont assis avec tout le mépris de … la LOI. Karim Wade et Khalifa Sall, en sont les victimes expiatoires. Demain, une calamiteuse présidentielle.

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